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Chapter 1 – Dies Irae

17 février 2026 à 19:31, Aucun commentaire

Ville de Chulò, à la frontière mexicaine, côte ouest des États-unis d’Amérique.

Frank Blackall est un ancien journaliste du CCVP, acronyme pour « Clear Chulò Vigilent Post ». À la suite d’un papier un peu trop véhément sur une personnalité politique soutenu directement par le journal, il a été convoqué par le directeur du journal.

Irvin McMillan, directeur du journal
« Nom de Dieu, Frank ! On aurait pas du pouvoir publier ça ! Tu te rends compte de ce que tu as fait ? »

Frank Blackall, journaliste
« Mr.McMillan, je vous assure que mon article est tout ce qu’il y a de plus objectif ! Regardez vous même, le dossier qui l’accompagne parle de lui-même ! Prenez la page cinquante du dossier : le bon de livraison est signé de sa main ! C’est de l’abus de bien social !

Irvin McMillan
« Nous avons soutenu ce candidat à l’élection municipale. Nous l’avons plébiscité aux yeux du public ! Revenir dessus nuit à notre crédibilité ! Nos investisseurs risquent de nous le reprocher ! »

Frank
« Patron, ce journal a été fondé précisément dans ce but, dénoncer la corruption. Le public ne... »

Irvin McMillan
« Les objectifs de la rédaction ne vous regarde pas, Frank. Les choses ont changé, le contexte a changé. Si je veux pouvoir conserver mon lectorat, il va falloir que j’agisse. Je suis désolé Frank. »

Frank
« Qu’est-ce que je dois comprendre ? »

Irvin McMillan
« Vous êtes viré. »

C’est ainsi que Frank a commencé sa longue descente aux enfers. Après la perte de son emploi et surtout l’attaque frontale du maire, plus aucun autre journal n’a voulu l’embaucher. Perdu dans un flot d’émotions contraires, Frank était partagé entre désespoir et colère. Coup de grâce, peut-être dû à l’usure quotidienne de ses plaintes, sa femme, Emelya le quitta sans dire un mot.

Frank se souvient encore du silence dans l’appartement, alors qu’il rentrait des courses. Un silence qui confinait aux abîmes. Le genre de silence qui pouvait assourdir et abattre le plus solide des hommes.

Frank a finalement perdu peu à peu pied dans sa propre vie, jusqu’à se faire expulser de chez lui. Une chemise, un vieux jeans, des baskets bon marché, c’est tout ce que Frank portait quand il a fini par arpenter les rues de Chulò. Par chance, les rues de Chulò ne sont jamais froide, même en hiver, la température ne descend jamais en dessous des dix degrés Celsius. Pendant quelques années, Frank a vécu dans une ruelle, située près d’une supérette, un endroit agréable où les passants ont fini par le prendre pour du mobilier urbain.

Il est traité avec plus ou moins d’égards et mange à sa faim régulièrement avec la nourriture périmé de la supérette que le gérant n’a pas arrosé de javel, ou du moins, que la javel n’a pas encore atteint. C’est là une directive du maire de la ville : rétablir un espace convivial pour les citoyens. Les supermarchés et les supérettes ont eu ordre de commander moins, quitte à être en rupture de stock. Quant aux restes, ils sont arrosés de javel ou d’autres détergents afin de ne plus être du tout comestible. Le maire a déclaré devant le public que c’était pour limiter la prolifération des rats et des maladies dans la ville. Nul doute que les rats décrits par le maire ne sont très probablement pas que des animaux, à moins que c’était comme cela qu’il considérait l’espèce humaine, et plus particulièrement les classes pauvres et populaires.

Frank n’en a plus rien à faire. Il vivote, se débrouille comme il le peut, vivant au jour le jour. L’idée que cette mesure soit là pour l’empêcher de remonter la pente ne lui traverse même pas l’esprit. La plupart du temps, il est assis devant la supérette, près de la porte coulissante, qui lui souffle un peu de chaleur en hiver, un peu de fraîcheur en été lorsqu’un client entre ou sort.

Un soir, alors que Frank faisait la manche, vers vingt-deux heures, une voiture grise se gare devant la supérette. En sortent deux personnes cagoulées et armées qui se précipitent à l’intérieur. La voiture démarre et se poste à l’angle, prête à repartir. Des ordres aboyés se font entendre, près de cinq minutes s’écoulent puis les deux personnes cagoulées sortent en courant. L’une d’elle trébuche sur Frank. Le braqueur tombe, sa tête racle le mur et heurte le coin d’une poubelle. La cagoule du braqueur est restée coincée sur le rebord de la poubelle. Celui-ci, fou de rage et blessé se relève, visage découvert et tire sur Frank qui s’effondre au sol, son sang se répandant autour de lui.

Dies Irae, Dies Illa
Jour de colère que ce jour là.
Ta haine explose comme une bombe,
Une vie s’arrête, un être tombe.


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